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Articles

42 mm de liens

Binic en Bretagne 42 mm. Bien plus épais que l'intranquilité. Le même effet un peu répétitif, pas sur le même thème évidemment. N'oublions jamais de détester ceux qui jouissent, simplement parce qu'ils jouissent, de mépriser les gens gais parce que nous ne savons pas, nous, partager leur gaité... Ce dédain factice cette haine du médiocre ne sont que le piédestal grossier, souillé de la terre où il s'élève, sur lequel se dresse, unique et altière, la statue de notre Ennui, figure sombre dont la face se nimbe, en secret d'un sourire impénétrable. Bienheureux ce qui ne confient leur vie à personne. Fernando Pessoa -   Le livre de l'intranquilité  La tonalité de Correspondance (1944-1959) de Albert Camus et Maria Casarès est tout simplement à l'opposé. Ils se confient leur vie, ils sont gais à la pensée de se retrouver, ils jouissent de la simple idée de se retrouver. Ils attendent de se retrouver. Ecris mon amour. Parle moi comme si nous étions lèvres à lèvres....

J'peux pas, j'ai manif

Marseille  Depuis 2 semaines, je préférerais qu'on me parle de météo. Avec les élections européennes, je pleure définitivement. Et les prochaines m'angoissent, me contractent le thorax, raccourcissent ma respiration. Ce sont les symptômes de la peur, nul besoin d'être médecin pour savoir ça. Ce n'est pas mon stent qui fait des siennes, ni une éventuelle crise cardiaque. C'est juste la peur. Si vous n’avez pas peur, c’est que ce n’est pas un vrai changement Nathan Hill -  Les fantômes du vieux pays  Et ce que si on a peur c'est qu'on pressent un vrai changement ?  Je n'ai jamais autant lu les pages politiques du Monde et des Echos, c'est dire. Je n'ai jamais été aussi prête à agir, alors que je suis toute même celle qui reste au fond de son canapé et regarde le monde avec un sourire en coin et une critique au bord des lèvres. Je n'avais pas été à une manif depuis le lycée. J'étais en première, je suis partie avec ma classe manifester contr...

Parlez moi de la météo (et je pleure)

la météo en 1930 aux USA Je ne suis pas très douée pour le small talk. Je ne sais pas parler de la météo. Je ne scrute pas mon appli météo, j'ouvre la fenêtre et je tends le bras.  Que feraient les Anglais sans la météo ? Ce pilier de tout échange informel depuis au moins cent ans. Sur notre île royalement détrempée, elle sauve la mise à tout un chacun, maintenant à flot les conversations , et en l’occurrence  elle s’exporte sous les climats étrangers où elle fait admirablement son travail. Abir Mukherjee – Les ombres de Bombay Heureusement je ne suis pas anglaise. Mais on n'a jamais autant parler de météo qu'en ce mois de mai, si frais.  Un copain a cru bon m'expliquer le concept de "goutte froide"  : une poche d'air venue de l'Arctique coincée entre deux anticyclones et juste au dessus de la France. Mon iMari a paru hyper intéressé.  Je sais que quand il montre un intérêt pour un truc débile en société c'est qu'il s'ennuie ferme.  Quand i...

Sad, mad, glad

Estampe japonaise, reflets du Japon au tournant de la modernité (musée Cernuschi) Sad Ce mois-ci à quelques jours d'intervalles, sont morts un écrivain et une écrivaine qui ont compté dans mes lectures.  Paul Auster a ouvert le bal, c'était tout de même une mort annoncée, même moi je savais qu'il était malade, il avait d'ailleurs tâcher d'achever son dernier roman, un roman en miroir de ce qu'aurait pu être son autobiographie.  Que je n'ai toujours pas lu, et je lirais peut être un jour de grande faiblesse, parce que le livre m'aura été prété, sera là, à disposition, ce sera l'été... Alice Munro cette semaine.  Alice au pays des nouvelles.  Un style court, enveloppant, des histoires prenantes, des vies de femmes souvent, il me semble me souvenir. Pour les deux j'ai envie de fouiller ma bibliothèque, d'en sortir un livre ou deux et de recommencer. Ce sera le même livre mais pas la même lecture j'en tirerai autre chose. Surtout Auster à plu...

Je suis prête (enfin !)

Surfer la vie  Aujourd'hui, mon dernier iAdo a 16 ans. Et ce même jour, Parcours Sup donne le feu vert à l'autre iAdo pour aller mener sa vie d'étudiant un peu plus loin de la maison.  Tout ça me fait énormément plaisir.  C'est le début d'une nouvelle vie, un nouveau commencement, des premières fois. Une période de la vie pleine de promesses, plein de possibilités, où je me sentais invincible.  J'adore qu'ils abordent cette partie de leur vie avec sérénité, avec sécurité, intellectuellement, émotionnellement  et financièrement. S'ils s'en donnent les moyens, ce qu'ils veulent est à portée de main. J'ai passé beaucoup de temps ces dernières années à répéter sans cesse à mon iMari: je ne suis pas prête.  Et lui à me dire : tu ne le seras jamais, laisse filer. Je n'étais pas prête quand ma première iAdoe était adolescente. Je n'étais pas prête quand je l'ai laissée dans sa première chambre d'étudiante.  Je l'étais déjà plus...

Revanche sur les princesses au petit pois

Val André en Bretagne Le petit-déjeuner est le moment sacré de ma journée. Je peux y passer des heures au sens littéral du terme. Je fais ma théière et sauf impératif (par exemple visio client) je ne bouge pas de ma chaise tant qu'elle n'est pas vide. Je lis. Ce qu'il y a à portée. L'actualité, les magazines, mon livre du moment.  Contrairement à l'iMari pas de vidéo au petit déjeuner, ni jamais d'ailleurs. Je ne regarde jamais de vidéos, ce n'est pas un principe, c'est juste une perte de temps. Soit un film, soit un documentaire mais une vidéo jamais. Pas de réels sur Instagram, pas de YouTube. Autre principe : pas de vocal. Je ne les écoute pas. Avec le temps qu'il me reste je ne vais pas changer mes habitudes. Un bon vieux texto, c'est très bien. A la limite avec des emojis, c'est encore toléré.  Des mots, bon sang, des mots qui font des phrases.  Le petit-déjeuner en séminaire c'est l'angoisse. C'est le moment du séminaire que...

De quoi voir venir après lui

Ito Shinsui (1948), reflets du Japon au tournant de la modernité (musée Cernuschi) Je l'ai remplacé.  Oui, déjà.  Ce ne devait pas être un si grande passion pour qu'en rien de temps je décide que c'est fini et hop le souffle d'après il est remplacé.  Je l'ai remplacé par Cécile Coulon.  Je viens de finir en moins de deux jours son dernier  :  La langue des choses cachées .  J'avais aimé les précédents, adoré ses poèmes, et avec celui là je suis tombée en passion, à relire certaines phrases plusieurs fois parce qu'elles sonnent, elles résonnent, elles révèlent autre chose que juste ce qui est écrit, elles ouvrent des espaces où j'avance craintive et curieuse. Car c'est ainsi que les hommes naissent, vivent et disparaissent, en prenant avec les cieux de funestes engagements : leurs mains caressent et déchirent, rendent la peau si douce qu'on y plonge facilement des lances et des épées. Cécile Coulon - La langue des choses cachées Ce roman est un bo...