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La femme n'est pas un homme comme un autre

Au musée de Bayonne 


Ce n'est pas un scoop, je le savais. On s'en doutait, d'autres l'ont dit avant.
L'Académie Française continue d'insister, les institutions en France perdurent le même schéma.
On se tape encore et toujours les droits de l'Homme et du citoyen, son musée de l'Homme, le masculin qui l'emporte sur le féminin sans parler de liberté, égalité, fraternité ...

Dans Pour en finir avec l'homme, chronique d'une imposture, Eliane Viennot, retrace l'histoire du mot homme. 
Sans surprise, depuis la nuit des temps le mot homme a toujours été employé pour désigner une personne de sexe masculin, par opposition à la femme de sexe féminin.
La croyance que homme regroupe les deux sexes est une imposture (que E. Viennot démontre), c'est surtout un processus qui a été installé pour maintenir les hommes au pouvoir, que ce soit le pouvoir du savoir (les élites), légal (avec les lois saliques), social (le code Napoléonien)....
La traduction de la Bible a été arrangée à un moment où les érudits avaient besoin d'assoir leur pouvoir.
Les écrits sous le siècle des lumières ne parlaient que des hommes (mâles), aucun doute n'est possible que le mot homme vaille pour les deux sexes, puisque il est à chaque fois mention d'une part de l'homme puis de la position de la femme la phrase ou le paragraphe suivant. 

Créature raisonnable faite de la main de Dieu pour tenir compagnie à l'homme.
définition du mot femme dans le dictionnaire de l'Academe publié en 1680.

Dans son court essai, Eliane Viennot re-balaye le mythe de la révolution française : il n'a jamais été question d'inclure les femmes, la déclaration des droits de l'homme et du citoyen ne concernait que les mâles. Seul Condorcet et quelques autres (inconnus de nos livres d'histoire) ont donné une autre voix à entendre, mais pas suffisamment.
La révision de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen (de 1789) n'interviendra qu'en 1946 pour ajouter dans son préambule :

 la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme.

Nous sommes ravies. Presque il faudrait qu'on remercie, mais nous n'avons pas encore le droit de demande  et d'écrire les droits des êtres humains, ni même de mettre les doits de l'homme et de la femme...
Cela entérine juste que homme en 1946, ne veut pas dire femme aussi.
Pourtant, en 1948, des nations dont le Canada, pays francophone, adoptent la Universal Déclaration of Human Rights, l'adoption de Human Rights (au lieu de Man Rights) est le résultat d'un travail de 8 femmes (comme celles de François Ozon) , dont une seule française  - et c'est Eleonor Roosevelt, qui est la seule femme au comité de rédaction de l'ONU, qui porte leur voix. Et pourtant dans la version fancçaise on reste sur les droits de l'homme (toujours sans majuscule en 1948).
Petit aparté sur Eleanor Roosvelet : l'histoire la veut femme de, certaines versions racontent que beaucoup des idées de son mari sont en fait les siennes. Elle a vécu sa vie de son côté, en couple avec une femme dans les années 20.

Même chose deux avant, lorsque les femmes obtiennent le droit de vote :

les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes 
art. 17 de l'ordonnance du 21 avril 1944

La majuscule Homme censé inclure les femmes n'arrivent que bien après, dans les dernières décennies du 20e siècle. Quand tous les pays francophones se rendent compte que l'homme est un homme (et non une femme) ils passent aux êtres humains : la ligne des droits humains en Belgique par exemple, la France s'entête et invite la majuscule : l'homme est le mâle, l'Homme est l'humain. L'Académie Française s'arcboute, les hommes politiques aussi, en 2026, nous avons toujours un musée de l'Homme. 

Nous avons l'air de rétrogrades (France : pays de la liberté et de l'égalité)

Car la diplomatie française ne fait pas que se ridiculiser sur la scène internationale : elle impose sa terminologie à l'ONU, qui fait ainsi la promotion de l'ordre masculin concocté à Paris dans touts les textes de l'organisation rédigés en Français, alors que les cinq autres langues officielles s'expriment avec justesse.
Elianne Viennot

 Et ça a des conséquences.  

Déjà pour le grand public, qui ne voit aucun inconvénient à ce que l'homme passe devant la femme, pour tout, tout le temps. parce que le masculin l'emporte sur le féminin. dès le CP. Ce qui est faux, il y a des époques où l'accord se faisait sur la proximité ou sur le nombre. Aujourd'hui quand j'applique ces règles il y a toujours quelqu'un (un homme souvent, pas tout le temps ) qui le remarque et tente de m'expliquer que ce n'est pas "français". Le pire que j'ai eu  ; "j'aimerai me sentir inclus" d'un homme. J'avais très envie de lui demander ce qu'il pensait de l'inclusion des femmes dans toutes les expressions. Les hommes n'acceptent pas d'être représentés par une personne de sexe féminin. Mais l'inverse devrait être vrai. Nous avons tout un imaginaire à changer  : 

On veut bien que l'homme préhistorique ait une femme, comme le montrent tant d'illustration pour enfant et adultes  depuis deux siècles, mais pas qu'il soit une femme 
Elianne Viennot

On connaît aujourd'hui les conséquences du langage, elles ont été largement étudiées : quand on dit les musiciens jouent dans le parc, à aucun moment nous imaginons des femmes dans le groupe, sauf si on le dit explicitement : les musiciens et les musiciennes .... .
Ces conséquences vont bien au delà de la vision qu'on a du groupe de musiciens avec ou sans femmes qui jouent de saxophone ou de tambours, elles vont jusqu'au choix des métiers des filles, des annonces d'emploi et du pouvoir dont se sentent investis les hommes sur leur femme, dont celui de disposer de leur corps. 
Il est temps de corriger cet abus de langage : homme désigne l'être humain de sexe masculin et rien d'autre.
Si on veut un jour une société qui commence à être égalitaire, il va aussi falloir changer le symobiliuqe et la structure qu'apporte le langage .

Je pourrai voter pour un candidat qui milite en ce sens, et qui nous changerait cette maxime "liberté, égalité , fraternité". 
Je ne veux ni ne peux voir ce mot de fraternité, qui comme homme, n'engage la solidarité qu'entre les mâles.

Je vais commencer un programme pour les présidentielles, il me semble que nos candidats manquent d'idées.




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