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Articles

Cher Edgar (#time to reconsider)

Fondation Cartier - expo Magasin général Cher Edgar,  Je t'ai à peine reconnu sur cette photo de toi dans le Monde lors de ta nomination. En chemise blanche, pull col V bleu marine, veste et  jean, tu semblais bien plus grand que dans mon souvenir. Et plus sexy aussi. Je me suis dis que tu avais (très) bien vieilli. Physiquement bien vieilli. Parce que ton discours me donne des doutes sur ta santé mentale et ta capacité de discernement. Martin a laissé le poste, toi tu as accepté.  Il a dit :   je n'étais pas prêt à tous les compromis. Toi oui?  On a eu vingt ans ensemble, dans les mêmes années. Toi avant moi. On habitait à la montage, on a du avoir le même genre d'adolescence - j'imagine.  A toi la Savoie, à moi les Hautes-Alpes. Tu aimais les bosses, j'aimais les courbes sur des pistes bien damées. On a du avoir le même rythme d'entraînements, mais pas les mêmes entrainements : les tiens bien plus intenses que les miens. Et plus fructueux aussi. Tu devais...
Articles récents

Le ski de demain

Val d'Isère - janvier 2026 Eternelle. Je l'ai longtemps crue éternelle. Je ne suis la seule. Petite, la neige en haut des sommets, les névés incongrus l'été en étaient la preuve.  Elle était éternelle, elle résistait à la chaleur, au soleil, aux saisons.  La neige disparait. Les glaciers fondent. Chez nous. Et là où le froid semblait aussi éternel, invariant, perpétuel il n'est plus. Il ne l'est plus pour maintenir ce qui nous semblait immuable  :la glace des extrêmes. La calotte glaciaire fond, la banquise se désintègre, elle rejette dans la mer d'énorme icebergs... Je viens d'un endroit où la neige a assuré la survie de la vallée et de ses habitants. Le tourisme a permis le développement économique, a crée des emplois, a sédentarisé des familles et en a attiré d'autres. L'exode américain au début du vingtième siècle a été endigué, certains sont même revenus (pas tous). L'hiver 67-68, la station de ski a ouvert dans le village, précédée l'hi...

La relève est assurée (#Maggie O' Farell)

Sarah Van Reij @MEP J'ai trouvé! J'ai trouvé la version féminine et plus jeune de John Irving . Une comme lui avec de nombreux personnages, tous avec une vraie histoire - peut-être pas aussi poussée que lui, mais on s'y approche. Cet été par hasard j'ai acheté This must be the place de Maggie O' Farrel. Le hasard n'est pas d'être entrée dans cette librairie en Ecosse (Glasgow je pense, ou Skye), le hasard est le choix du livre. Le nom de Maggie O'Farrell ne me parlait que vaguement, j'ai aimé la couverture et la 4è. Cela tient à peu de choses, comme quoi, un bon marketing est utile. Comme j'ai de l'avance dans l'achat (la Pile des livres en attente n'est jamais vide, ne plus rien avoir à lire est une de mes grandes angoisses existentielles : au Paradis ou en Enfer, quel que soit l'au-delà, y a-t-il des livres? ), j'ai mis un peu de temps avant de le commencer. Et je n'ai plus lâché, je suis allée en chercher deux autres q...

Se reposer en beauté (#Mickalene Thomas)

déjeuner sur l'herbe - Mickalene Thomas Je l'avais croisée pendant le Covid.  Les musées étaient fermés seules les galeries étaient ouvertes et j'étais désespérément en manque de beau, de reposer mes yeux. J'avais trainé toute la tribu un samedi dans une galerie du Marais où pas plus de cinq oeuvres d'elle étaient présentées. de très grands formats, très politiques sur la place des noirs aux US.  Ce qui m'avait valu un "c'est ça qu'on est venu voir ?" dubitatif.  Ô joie, ô surprise quand j'ai vu que le Grand Palais lui consacrait une exposition  : All about Love.  Je parle de Mickalene Thomas, femme artiste noire queer de 54 ans (née en 1971, j'adore le clin d'exil, comme si cette date nous rendait proches!) Ses formats sont grands, très grands pour la plupart (parfois des touts petits aussi), un mélange de collages, de photos, de peintures. Superposition dit son résumé dans AWARE (bien sûr qu'elle dans la base de recherche de...

Ici et maintenant

la France due de l'autoroute Et si on arrêtait ? Si on arrêtait tout simplement de mettre en une des médias, dans tous les gros titres ou presque,  en ouverture des journaux radio, la dernière ânerie de Donald? Ces derniers temps, tous les matins la une du Monde numérique c'est Trump. Le 1hebdo a consacré un numéro entier Trump de pire empire  le jeu de mots est bon, les articles pertinents, ce n'est pas sujet, le sujet c'est qu'on parle encore de lui. Il est raconté en long et en large ce qu'il dit, ne dit pas, fait, ne fait pas, aurait du dire ou faire, avec toutes les analyses les plus subtiles, fines et intelligentes analysant son comportement, sa santé mentale, ses propos en lien avec le fascisme, les dictatures.... Quand est-ce qu'on passe à autre chose? Qu'on sort de la sidération?  Il n'y a personne d'autre qu'on écoute autant, avec qui on négocie autant à qui on obéit autant. Donald ne veut plus de l'Europe. Ok on se débouille en...

Rituels de fin et début

lieu de rituel dans mon jardin  J'observe des tendances, des modes, des comportements qu'il est politiquement correct d'adopter ou qui sont adoptés parce qu'ils se pensent à contre-courant. Spoiler : quand c'est repris dans le Monde c'est que c'est main stream , même si ça semble disruptif.  Quand j'étais encore associée dans le cabinet avec tous ces messieurs qui se voulaient progressistes, il y en avait un en particulier qui se pensait en avance d'un temps sur les idées et les façons de penser. Inutile de vous dire qu'il était l'archétype du parisien, même pas vraiment bobo, qui nous racontait ce qu'il avait lu dans le Monde comme si c'était issu de sa créative pensée non conventionnelle. Il était tellement prédictif que c'en était risible, il re-publiait même des articles du Monde sur Linkedin, c'est dire son manque d'inspiration (il le fait peut-être toujours). J'ai oublié jusqu'à l'existence de ces gens, j...

A nos âges (#2)

Tyler Mitchell à la MEP D'autres que moi ont des expériences de métro (ou de train) étonnantes. Certaines plus âgées, d'autres dans les mêmes eaux de la cinquantaine. Celle qui a toujours été vieille car on lui a toujours parlé dans le métro .  Ou elle toujours été avenante, et donner envie (et autorisation) d'engager la conversation.  C'est loin d'être mon cas. Aujourd'hui encore, je peux froncer les sourcils quand on me pose une question comme qu'as-tu fait ce week end?. J'ai toujours un temps d'arrêt, la micro seconde où je trouve la question intrusive, avant de réaliser que je connais la personne, qu'elle est spontanée et intéressée. Que sa question n'est pas un coup de poing. Que c'est aussi une façon d'entrer tout simplement en contact. Je me rappelle un temps  - dans ma trentaine - où tous les lundis en sortie du Comité de Direction nous allions déjeuner à la Maison de l'Aubrac, où tous les lundis la question était "a...