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Comment je suis devenue ? #2 avec les gueux

photo prise par iBebounet Ils se sont foutus de moi. Forcément. iBebounet (le dernier des iAdo) en m'imitant mode Drama Queen : 24 heures avec les Gueux! (geste de la main au front de la personne qui va s'évanouir) iAdoe (très impliquée) : c'est trop grave ! tu ne peux pas faire ça. iAdo (laconique) : n'importe quoi. Et pourtant si.  Quand j'ai vu que les seules places de train disponibles pour revenir du week-end à Hendaye c'était des OUIGO j'ai failli tout annuler. Il faut dire que depuis une dizaine d'années que je me déplace beaucoup en train pour le boulot notamment, j'ai basculé sur la première classe. D'abord pour les voyages professionnels, puis pour tout. Ca rentabilise ma carte d'abonnement SNCF. Le OUIGO est dans mon imaginaire, la chute libre du confort et du calme. C'est le retour dans le train entre Agra et Bénarès, trente ans plus tard. A la question  comment je suis devenue..., j'ai plusieurs hypothèses  Hypothèse 1 : ...
Articles récents

Comment je suis devenue ? #1 hésitation

Sarah Jérome Je devais avoir 12 ans la première fois que j'ai pris l'avion : entre Lyon et Nantes en mineur non accompagné pour aller passer l'été en Bretagne avec mon oncle et ma tante.  J'avais 16 ans quand j'ai franchi pour la première fois la frontière, double win : c'était en avion, pour aller en Israel où le bus a pris feu sous l'attaque d'un cocktail Molotov dans la bande de Gaza. J'avais 20 ans la fois suivante, partir en road trip en Grèce avec mon permis en poche et ma Panda 4x4, une amie sur le siège à côté. Le voyage a failli s'arrêter à Briançon -  à deux heures de route de chez mes parents -  juste avant la frontière italienne. La voiture a chauffé ; après la visite d'un garagiste et la nuit au camping , nous sommes reparties, avons traversé l'Italie, puis la Yougolsavie en voiture, deux nanas de 20 ans. Nous nous sommes perdues dans Belgrade, toutes ces avenues identiques et ces immeubles si soviétiques. Nous avons planté n...

Les miettes fécondes de la santé démocratique

les graines fécondes de mon jardin L es miettes fécondes Dans la divagation journalière on trouve parfois entre les lignes du journal des miettes fécondes. Apposant le bout de doigts dessus, on peut en faire des minuscules monticules. De ces petits tas, que faire ensuite ? Je ne sais pas. Si on fermait le journal, tiens. Si on revenait à sa place juste un instant pour reprendre son souffle et se laisser faire. Dasn une heure ou deux nous déciderons seuls de la marche à suivre. Pour le moment la mécanique des corps nous guide et nous ne choisissons pas tout. Sur une branche voisine un soubresaut prend le contrôle du ver de terre. C’est une façon d’avancer. C’est une manière comme une autre d’aller vers son but. On s’assied on se lève, on tourne sur soi même et les points cardinaux se mettent à clignoter dans le noir. Nous ne sommes pas perdus pour autant. Nous ne sommes pas désorientés. Car nous ne cherchions pas le nord. Nous allons simplement, quelque part. Artur Teboul - L'adress...

Encore heureux, je ne fais que de la course à pieds

Sarah Jérome J'ai fini par le faire. J'ai mené les recherches, comparé les modèles. Au bout d'un an, les gens du club me disaient "arrête de courir avec ton téléphone, achète-toi une montre". Le critère mis en avant est le prix : pas cher chez Décathlon.  Le critère que j'aimerais mettre en avant : c'est moche. Oui, mais c'est fonctionnel (nausées) Le critère que j'aimerais mettre en avant : je n'en veux pas.  Pas un objet de plus. Encore un. Même s'il est utilisé, utilisable, apprécié (et oui!) trois fois par semaine. Je n'en avais pas tout à fait besoin. Pas quand mon pote Didier est là. Mon pote Didier a 69 ans, c'est un ex-chercheur du CEA, on court à la même vitesse (VMA d'environ 12,5 ) en parlant de Chine, d'intelligence artificielle et de randonnées itinérantes, il a une super montre offerte par ses enfants. Didier, c'est mon chrono. Comme tout retraité, il est hyper occupé et pas suffisamment assidu. J'ai du...

Une lutte sans merci

Leonora Carrington  - détails Au début, il y a eu Peste et Choléra.  Elles volaient les bougies chauffe-plats laissées sur la table, elles étaient curieuses, bruyantes et arrogantes. Bicolores, des reflets bleu argenté dans leurs plumes noires, elles ont installées leur nid dans le palmier du jardin. A grandsrenforts de cris, de branches, de trucs qu'elles piquent à droite à gauche.  Elles me regardaient du coin de l'oeil, j'avais même l'impression qu'elles me parlaient, je quittais la table un instant, Peste (ou était-ce Cholera?) était à ma place ou presque sur la table. Elles voulaient toujours savoir ce qui se passait quand on était dans le jardin. Tellement proches qu'elles se voulaient semblables et montaient les marches une après l'autre pour aller sur le toit de la cabane, là ou se trouve le potager.  Un oiseau qui grimpe les marches une à une, je n'avais pas encore vu ça.  Peste et Cholera sont les pies du jardin. Etaient, elles habitent un peu ...

Ce que je ne devrais pas faire (mais que je fais quand même)

Sarah Jérome @Lyon Il y a des livres que je ne devrais pas lire.  J'ai une excuse, il m'a été offert. Il aurait été impoli de l'ignorer Pour autant, dès les premières pages, je savais que je n'aurai pas du. Des envies de voyager, des envies partir loin, de sentir le trajet, de vivre le déplacement. De ne rien faire ou presque. D'avoir juste le nécessaire. Pourquoi partir si loin ? Pourquoi je resterai en France ? La France je connais. Certes aller au fin fond de de l’Auvergne c’est beau…mais il n’y a rien de tel que de partir loin, de perdre ses repères. La vertu du voyage, c’est de se laisser bouleverser par une autre culture Sophie Petit  -   Comme un cargo dans l’eau Elle part, direction l'Inde, sur un cargo qui ne l'amènera pas jusqu'au bout, qui la laissera en route, elle finira autrement (en train, bus, stop, à pied? l'histoire ne le dit pas) Elle monte donc à bord d'un cargo, seule femme à bord, seule passagère.  Comme Anita Conti.  Sa...

les L

Leonora Carrington @ Musée du Luxembourg La même semaine sont morts Lionel et Loana.  La même époque pour nous, nos enfants ne connaissent ni l'un ni l'autre. Ils incarnaient chacun un extrême : l'intellectuel versus la populaire, le Paris élitiste versus le Sud chantant, la morosité de la politique versus l'extravagance de la jeunesse, la tradition versus la liberté, le perdant aux élections versus la gagnante du loft, ...et pourtant le même monde pour nous. Nous avons tous entendu parler de l'un et de l'autre. Je me rappelle en avoir voulu à Lionel quand il ne s'est pas retrouvé au deuxième tour des élections présidentielles de 2002. Nous étions à Prague (avions-nous donné procuration?) et sur la Une d'un journal au kiosque on voit les deux visages de Chirac et Le Pen.  Nous nous sommes assis sur le premier banc venu, assommés par la nouvelle. Je me rappelle être passée exactement par toutes les étapes du deuil et être particulièrement restée coincée s...