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Articles

Trois façons d'occuper sa place dans le monde - lectures d'août

Le hasard des lectures d’août, trois à la suite, se penchent sur d’autres relations pour faire « société », et encore, je ne suis pas certaine que « société » soit le mot juste. Trois façons d’appréhender le monde et d’y prendre sa place. De rentrer en relation avec les autres et avec ce qui fait société.   Joanna Pocock explore, plus que cherche, dans son livre Abandon en français (qui n’est ni un roman, ni un essai, mais cet entre-deux  non fiction  des anglo-saxons), les paradoxes de l’ouest américain, la façon de vivre,  à défaut de se réconcilier avec la nature, avec la Terre plus exactement. Elle y rencontre des «  rewilders  », à l’initiative d’un mouvement de ré-ensauvagement, certains très radicaux, d’autres plus à la charnière dans un rôle de passeur, de sensibilisation et d’éducation. Elle va dans des mouvements de chasseurs de loups et de l’autre côté ceux qui les observent et les protègent. Elle suit les communautés des Buf...

Je me sens moins seule - #où je suis de Jhumpa Lahiri

Depuis   L’interprète des maladies , je lis tout ce que Jhumpa Lahiri publie, ce n’est d’ailleurs pas très compliqué car elle est du même acabit que Jonathan Franzen, de la race de ceux qui publient peu. D’origine indienne, du Bengale, elle est née à Londres et a vécu aux US. Ca parle souvent de l’écartèlement entre deux cultures ou deux lieux, du choix dans la vie, de ce qui nous lie et de ce qui nous constitue.   The namesake   (Un nom pour un autre),   The Lowlands   (Longues distances) ou le recuil de nouvelles U naccustomed earth (en terre étrangère) peuvent être recommandés sans précaution. Je suis tombée sur sa dernière publication à la librairie Actes Sud à Arles.  Surprise : son livre est traduit de l’italien. Elle écrit dans cette langue et est publiée en Italie directement.  Étrangement je suis vexée.  C’est complètement idiot, j’en suis bien consciente, mais de savoir qu’elle n’écrit plus en anglais, qu’elle a peut-être choisi de vivr...

Mai, un mélange qui me plait

En mai, j'ai lu ce qu'il me plaisait - comme hab' me direz-vous, oui mais encore plus en ce joli mois de mai  : c'était "avant l'été" de Claudy Gallay  et les deux romans de Sally Rooney . Puis C onnexion   (#28) de Kae Tempest - une personne non binaire, ex femme. C'est une année sans lire d'hommes, il est donc possible de lire des écrivains non binaires, et des écrivains trans, y compris des hommes trans. On ne peut pas dire qu'ils font partie de la caste des dominants. Ce n'est pas un roman, c'est une réflexion sur la créativité et le lien qu'on a et qu'on entretient avec le monde, avec les autres avec soi. Ce n'est pas une intello au sens académique du terme,  c'est quelqu'un qui  réfléchit, qui lit, qui vit et qui tire de ses expériences une compréhension du monde qui l'entoure et qu'elle partage ("elle": remplace ici la personne). Elle fait du slam, le mot est incorrect en français, "spo...

Vivre avec ses incohérences

 Je suis prête à tout. Et j'ai déja commencé.  Je trie les déchets organiques pour mon compost, même les crevettes qui puent dans le bac je les trie. Et je traverse le jardin même les jours de pluie pour aller vider le bac dans le compost, et je sursaute avec la souris qui vit là dedans quand on se retrouve nez à nez. L'homme qui lit : tout en haut à droite Je ne prends plus la voiture pour les trajets autour de chez moi, j'y vais à pied (aussi poussée par le confinement) ou en vélo. Je vais encore au Parc de Sceaux en voiture pour y faire mon jogging, je vais étudier l'option vélo+jogging ça double la dépense de calories. Je chauffe la maison à 18°c en hiver, 16 la nuit, j'ai toujours un pull et des chaussettes (voire deux paires) J'éteinds la lumière quand je sors d'une pièce, mes ampoules sont des LED je ne suis pas prolixe en emails inutiles, je me limite en publication sur Instragram. J'achète en vrac le plus possible, je recycle un maximum, je n...

Quand aucune complication horlogère ne suspend le temps

Augustin Rouart - Petit Palais Ma semaine de travail s'est terminée vendredi dans une bulle de conscience éveillée, dans un bel endroit qui invite à la flânerie, à la contemplation, tout simplement à ralentir, et à prendre soin du moment présent dans l'ici et maintenant. J'étais au Petit Palais, avec le "gang des coach" pour un séance de supervision particulière de dialogue avec l'art. Le lieu déjà est un cocon au sein de la ville. Un espace en dehors du temps, avec son jardin intérieur, sa colonnade, ses grandes baies vitrées, son sol de tout-petits carreaux, son allée de sculptures et ses peintures. Je ne vais souvent qu'au premier étage, au milieu des peintures à droite après les sculptures. Je n'ai pas encore compris la scénographie de ce musée, mais je crois qu'il ne faut rien changer, ça ajoute à son charme, à la déambulation et à la découverte. Et la séance de "dialogue avec l'art" ou de dialogue avec soi, est le deuxième cocon...

Une conversation entre amis, des gens normaux

En Mai, deux livres de la même autrice. J'ai lu les deux à la suite, comme une drogue j'en voulais encore. je ne voulais pas lâcher ces gens, l'ambiance, Dublin, leurs dialogues... Je voulais y rester. Mais cette autrice n'a écrit pour l'instant que deux romans. Et je les ai finis. Je les relirais sûrement, un jour où j'ai de nouveau envie, besoin de cette ambiance et de fréquenter ces gens. Intimistes, réels, on est avec les personnages, dans leur vie, dans leur tête, dans leurs pensées, et dans leurs émotions. Elles ne sont pas décrites, elles sont vécues. Il n'ya jamais ecrit "elle était triste" ou enjouée ou... pas d'étiquette, juste la vie, avec tout le subjectif, toute l"ambivalence des émotions ressenties, et de ce que ça peut vouloir dire quand on décortique. J'ai la vive sensation qu'à un moment je vais croiser ces gens au coin de la rue. Rien de commun avec des héros magnifiques, juste des personnes singulières, engagées ...

J'ai voté, je vote, j'irai voter, mais pas n'importe qui

Voter c'est rester zen et concentré sur ses buts Deux week-ends de suite, je me suis mobilisée pour aller aux urnes. Départementales et régionales, sans bien comprendre exactement ce que ce patchwork de découpages apportait à l'administration de la France.  J'ai fini par comprendre que la dimension locale avaient des prérogatives sur la mobilité, l'éducation et la santé, pas sur la sécurité. Je suis peu sensible aux arguments sécuritaires de toute façon.  Néanmoins aller voter pour qui? Pour changer quoi?  Pas facile, devant la pile de listes qui arrivaient dans ma boite aux lettres, lire pour se décider.  Avec un choix qui serait au final éminemment subjectif. L'idée de ne pas aller voter ne m'a même pas effleuré, ni de voter blanc. De ma vie, je suis toujours allé voter, je n'ai jamais voté blanc, pas toujours utile, mais jamais blanc. J'ai du voter Chevenement une fois ce qui a mis le Front National au deuxième tour des Présidentielles, et a forcé mon...