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Articles

Ce monde du travail périmé qui ne convient plus aux femmes

Les femmes quittent l’entreprise classique     - « ce monde du travail périmé » - et vont inventer d’autres formes de collaboration, d’association, de façon de faire, d’agir et d’être en relation,     souvent entre elles d’ailleurs. Elles sont nombreuses à choisir une autre voie que celle de la promotion dans des entreprises aux codes « d’un autre âge ». C’est ce que raconte Céline Alix dans son livre « merci, mais non merci ». Elle y détaille comment les femmes redessinent la réussite sociale (la leur) en dehors d’un modèle qui ne leur convient plus, qui ne leur a jamais vraiment convenu. Elles font le « pari d’un monde du travail meilleur ». Le livre articule le propre parcours de l’autrice avec celui d’autres femmes et des études sur le sujet.   Le phénomène est intéressant et mérite d’être regardé de plus près, pour vraiment nous interroger sur nos organisations qu’on imagine toujours égalitaires.   Rappelons-nous...

Mourir ne peut pas attendre (#James Bond)

oh! James  (attention ce qui suit est un total spoiler du dernier film de James Bond) La question qui agitent les milieux féministes en ce moment est "comment peut-on être en couple hétérosexuel et être féministe?". Moi ma question c'est : comment peut on aller au cinéma voir James Bond et être féministe? Je ne suis pas une féministe exemplaire, je suis mariée, j'ai des enfants, je travaille dans une boite où mes associés sont tous des hommes et j'aime les films de James Bond. Surtout ceux avec Pierce Brosman. Moins ceux avec Daniel Craig.  Mais surtout pas le dernier. Mourir peut attendre . Ben non. Ça ne peut pas. Ça ne peut plus attendre. Il faut tuer James Bond, il n'y a rien à sauver dans ce qu'est devenu ce personnage . Je préfère un bon vieux machiste, le sexisme surjoué et identitaire tel une deuxième peau.  Je préfère un James Bond qui s'amourache de toutes celles qui passent et qui les oublie aussi tôt.  Je préfère la caricature assumée. A ça...

In the mood for poetry

Elena Chernyshova SOLITUDE On m'a jeté tant de pierres, Que plus aucune ne m'effraie,  Le piège s'est fait haute tour, Haute parmi les hautes tours. Je remercie ceux qui l'on construite,  Qu'ils cessent de s'inquiéter, de s'attrister. De tous les côtés je vois l'aube plus tôt. Et le dernier rayon du soleil triomphe ici. Souvent dans les fenêtres de mes chambres Entrent les vents des mers du nord, Et le pigeon mange dans mes mains du grain... Cette page que je n'ai pas finie,  La main brune de la Muse,  Divinement calme et légère,  Y inscrira le dernier mot. Anna AKMATOVA

Portraits de poétesses en feu

Je lis de la poésie. Aussi. Souvent. Régulièrement. Un peu tout le temps. Rimbaud, Baudelaire, Prevert, Hugo et Aragon ont longtemps étaient les seuls. Ils ont soudain eu l'inconvénient de n'être que des hommes. Puis il y a eu Emily Dickinson, Sylvie Plath, Cécile Coulon, Milène Tournier, et Amanda Gorman (bien sûr!). Et des recueils piochés à droite et à gauche, au bonheur des trouvailles.   Et hier, est sorti un livre dédié aux poétesses, concoctée par une illustratrice (Diglee de son nom de plume). Elle y rassemble les invisibilisées et les oubliées, des biographies et ses dessins. Comme hier, ça a fait ma journée (OMG quelle semaine !) Ce livre est désormais sur ma wish list.  Dans une interview  pour Sorocité, elle raconte comment est né ce projet, et là où l'a mené ses recherches. Les poétesses ont été invisibilisées, niées, occultées, sciemment. L'histoire est racontée par les vainqueurs, il ne reste presque que des poètes dans nos anthologies, et enseignés à l...

Good news. Bad news?

Aujourd'hui j'ai appris que Jonathan Franzen vient de sortir un nouveau livre. Jonathan Franzen. OMG. Un nouveau livre. Crossroads ; 600 pages. Et c'est le premier d'une trilogie. Youpi! Il est en vente à partir du 10 octobre.  C'est la nouvelle de ma journée. Et comme j'avais du temps  (beaucoup) j'ai lu des articles sur lui et son nouveau livre. Sur les sites américains du LA times et Vulture . Et j'ai un doute. J'ai un doute sur l'homme. J'ai un doute sur son côté politiquement correct.  Il est excessivement politiquement correct, avec tout ce qui va bien sur les femmes, sur ce qu'il faut dire et comment le dire.  Il est bien sous tout rapport. Great, diraient les américains.  Il est trop parfait. Le seul truc qui cloche , d'après une des journalistes, est qu'il n'apprécie pas Oprah Winfrey. Il a refusé de passer dans son émission, à plusieurs reprises. Je ne connais pas Oprah Winfrey, ni ses émissions, je n'en ai qu...

Georgia O'Keefe, ne vous y trompez pas

Georgia O'Keefe par John Loengard (1967) Des fleurs. On m’a dit que j’allais y voir des fleurs. C’est aussi ce que présente l’affiche et le catalogue de l’exposition, et le numéro spécial de connaissance des arts, et tout le reste …   Des fleurs. Qu’on peut imaginer comme des sexes féminins, exposant en grand des vulves, des clitoris, représentées en rouge parce que finalement en rouge c’est encore plus sexuel, non ? Ce n’est pas ça qu’on voit. Ce n’est pas uniquement ça, et c’est très peu ça, finalement. Peu de fleurs parmi tous les tableaux exposés, et ce ne sont pas les œuvres les plus impressionnantes, ni les plus belles, ni les plus émouvantes. Elles ne sont qu’une « phase » dans l’œuvre de l’artiste, (si c’était un homme on dirait « sa période fleur ») et surtout on ne le réduirait pas à ses fleur-sexes. Elle réfute d’ailleurs le lien entre les fleurs et la sexualité féminine. Il faut bien un regard dominant, une vision étroite pour réduire l’œuvre de...