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A quel moment on croit que ça va marcher ?

Grenoble

Deux vieux blancs (72 et 78 ans) aux égos démesurés, à peine éduqués - régulièrement qualifiés  de fous -  s'imaginent négocier la paix en Ukraine. 
Ni l'un ni l'autre n'a de considération pour son interlocuteur, et encore moins pour l'humanité, soit les personnes concernées par cette guerre qu'ils imaginent chacun de leur côté, arrêter. Ils ne négocient pas, ils jouent (comme le dit si bien le papy Mar-a-Lago de 78 ans) aux cartes à savoir qui a les meilleures entre les mains. 
C'est un jeu d'égo, un bras de fer de testostérone, sans conséquence pour ce qu'ils représentent, puisqu'ils ne représentent que leur propre personne. Je pense qu'aucun de deux ne juge l'autre à la hauteur : le plus vieux pense que son bagou, son fond de teint et sa mèche suffisent à impressionner et à imposer le respect, l'autre - qui ne parle pas anglais, et utilise systématiquement des interprètes  -  trop content de revenir sur la scène internationale se voit déjà en maître du monde  - au moins de ce côté-ci de l'atlantique.
Je suis épatée que ces soubresauts fassent la une de l'actualité, que quelqu'un parmi nous pense une demi-seconde que ça a une chance d'aboutir. On s'intéresse à un échange téléphonique de deux vieux narcissiques comme s'ils allaient arriver à une entente quelconque.
Pour négocier, il faut écouter, réfléchir, reformuler et avoir envie d'avancer. Ce n'est pas un combat de quéquettes, et même ça vu l'âge de ces bonhommes aucune ne doit être fonctionnelle sans viagra. 

Ecouter : démonstration a été faite par le plus vieux qu'il ne sait pas faire, en ca de doute regarder la séquence avec Zelensky dans le bureau ovale.
Réfléchir  : à part Bush lorsqu'il apprend les attentats du 11 septembre 2001, je n'ai jamais vu un élu avec l'air aussi débile que le papy Mar -a-Lago de 78 ans.
Reformuler : encore faudrait-il qu'ils sachent parler. Aucun n'est audible pour dire des choses intéressantes à défaut d'intelligentes.
Envie d'avancer : l'un ses troupes, l'autre ses dollars, et encore c'est quand il n'enquiquine pas les Canadiens ou les Mexicains, c'est à sa pause pipi qu'il pense avoir envie d'avancer en Ukraine. Un peu souvent me direz-vous, en effet à son âge il a un problème de prostate.
La négociation diplomatique n'est pas un jeu de cartes, sinon n'importe quel joueur de belote serait diplomate. 

Le monde a changé, les USA ne sont plus du tout la plus grande démocratie du monde, garante de la Liberté (celle de la statue de Ellis Island). Ils sont la plus grande nation en déclin, probablement pire que la Russie, car ils ne le savent pas. La dégringolade s'accélère, je déplore ce qui se passer pour le peuple américain, une grand partie d'entre eux a tout de même voter contre son camp. 
Que l'on parle des droits, des sciences et de la recherche, de l'éducation, de l'emploi, de l'économie, des finances, toutes en recul. 
L'influence amriciane aussi. Quand on coupe les aides humanitaires, on perd son soft power, ; quand on prend Gaza pour la Riviera on se positionne en agent immobilier ; quand on vit à crédit, on prend le risque qu'un jour son créancier se réveille. Ses créanciers sont la Chine et l'Europe, il ne devrait pas l'oublier. Comme on va bien finir par utiliser les avoirs russes, on finira par se retourner vers nos débiteurs en leur demandant des comptes. Certains sont bien plus forts que moi en ce domaine.
 
Je ne sais pas dans quelle mesure on doit s'inquiéter que ces deux papys (qui n'ont encore déclaré ni Alzheimer ni Parkinson, mais qui, on s'en doute ont certainement une maladie dégénérative bien cachée) ont le doigt sur le bouton nucléaire. Pris dans une furie impulsive en seraient-ils capables? 
Je le crois. Ils font partie de ces hommes qui pensent qu'il vaut mieux pas de monde, qu'un monde sans eux. Le détruire plutôt que perdre. Tout disparait avec moi, parce qu'un monde où je suis perdant n'existe pas. C'est d'ailleurs une certaine vision du monde que de penser qu'il doit y avoir des gagnants et des perdants.
Dans le jugement de Salomon, ils coupent le bébé en deux, voire en tout petits morceaux pour que rien ne reste. (D'ailleurs, c'est peut-être pour ça que ce sont les femmes qui enfantent  - cause ou conséquence ?).

C'est tout de même le papy Mar-a-Lago de 78 ans qui dit :
"pour nous assurer que nous disposons de la force combattante la plus létale du monde, nous allons débarrasser notre armée de l'idéologie transgenre" 

Si seulement l'idéologie transgenre avait la puissance du nucléaire ! Les idées woke seraient radioactives et tous seraient contaminés. 

Encore une fois, que des hommes parmi tous ceux-là, aussi dans le bureau ovale pour l'humiliation suprême, que dans les coups de fils et autres gesticulations autour d'un simulacre d'un truc qu'on n'oserait appeler ni processus de paix (on se rappelle de Yasser Arafat et Ytzhak Rabin, ce fut un peu plus qu'un coup de fil, fut-il avec le téléphone rouge), ni diplomatie (qui se termine dès lors qu'on a envie de casser la gueule à l'autre plutôt que de discuter).

Ce qui est létal aujourd'hui, ce sont toutes ses idées, décrets, discours, annonces ... Sa force combattante idéologique va tuer ce pays, sa grandeur passée (surcôtée), sa splendeur (imaginaire). Elle va aussi tuer la représentation que nous en avions, la confiance (totalement mal placée nous dit de Villepin en citant de Gaule - voilà à quoi j'en suis réduite, citer des hommes (argh) de centre droite (re argh), et casser le mythe américain.

Ce qui finalement ne nous fera que du bien. Réveillons-nous.



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