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Petites aberrations et grands agacements

C'est l'automne à Cachan

Il y en a en ce moment une conférence à Pusan en Corée, celle du comité intergouvernemental de négociation sur le traité plastique. Intergouvernemental. C'est bien nommé comme ça. Ce qui signfiie que la négociation concerne les gouvernements. 
Ils négocient entre eux tout ce qui concerne le plastique (de sa fabrication à son recyclage), cette année on y parle de sa production notamment pour la réduire. En tout cas c'était le but de la négociation : réduire la production plastique.
L'Europe a envoyé 191 personnes par la représenter ainsi que ses pays membres. 
Les chercheurs et scientifiques sont environ 70, donc des ecotoxicologistes qui démontrent tous les jours les dangers du plastique sur la santé.
Les lobbyistes de l'industrie pétrochimique sont eux 220, de toutes les entreprises concernées : du pétrolier TotalEnergies, au chimiste Arkema pour ceux qu'on connait bien en France.
Ils représentent sans nul doute le septième continent, ce truc qui rassemble tous les déchets plastiques de l'océan atlantique, réunis d'après un vortex, de ce que j'ai pu comprendre. 
Le secrétariat du comité, interpellé, explique que toutes les règles de la diplomatie internationale ont été suivies à la lettre. Les accréditations se font via les gouvernements et les ONG. Et c'est comme cela qu'on arrivent à 220 lobbyistes de la pétrochimie pour réduire la production plastique.
On a du mal à y croire. 
Comme de l'intérêt de déplacer tous ces gens en Corée pour accoucher d'un traité qui ne réduira certainement pas grand chose, et certainement pas leur empreinte carbone, car je doute en plus que ces gens-là se déplacent sur des lignes commerciales.

Plus près de chez nous, la stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat tarde à être publiée, mais des versions martyrs (ou bêta selon notre inclinaison) sont émises, ou plutôt des grandes orientations de ce qui se dessine ont filtrées peut-être pour être testées. Les réactions sont surprenants et pas nécessairement là où on les attend.
Autant, le premier dry January porté par Santé publique France en 2020 avait été arrêté par le lobby du vin en France et c'était presque prévisible, autant la la feuille de route sur l'alimentation, la nutrition et le climat s'est trouvé un adversaire inattendu mais de taille avec le Ministère de la Culture! 
Incroyable non? 
La raison est on ne peut plus cynique : une des orientations est d'interdire la publicité alimentaire pour les enfants, et le Ministère de la Culture craint la perte des recettes pour l'audiovisuel public  !
En clair, on préfère inciter les enfants à manger des trucs industriels qui vont altérer leur santé que de risquer de perdre des recettes de publicité pour produire des âneries télévisuelles qui permettront des passer des publicités pour... 
C'est un joli cercle vicieux où ceux qui touchent vingt mille francs en passant par la case départ ne sont pas ceux à qui sont garantis  les problèmes de santé qu'on pourrait leur éviter sans les vingt milles francs inutiles. 
Je vous empoisonne, ça m'enrichit.
Je vous propose des choses inutiles (de ChatGPT à la vache qui rit) qui vous tuent à petit feu et je m'enrichis. 
Et nous sommes incapables de ne pas nous en saisir. 
I want what I don't need, chante The villagers
Et ce dont j'ai besoin je n'en veux pas.
Comme dit le chef étoilé Florent Ladeyn dans le monde de la gastronomie face à l'urgence écologie 
Les temps d'écran de nos portables explosent et pourtant, on ne trouve pas le temps de cuire quelques carottes avec des oignons et des pommes de terre pour le diner.
C'est aberrant, de finir par manger un plat industriel dans une barquette en plastique devant des pubs à la télé. 
Remercions les 220 lobbyistes de Pusan qui assurent à notre chère Ministre de la Culture - qui rappelons-le a plusieurs procès en cours - des recettes d'audiovisuelles en passant la pub des industries pour lesquelles elle pourrait être condamnée pour corruption.
La boucle est bouclée. 

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