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Optimisme (Irish Way #1)

Tory Island

Dans une vie antérieure, j'ai du être anglo-saxonne. Je ne cesse d'y revenir, d'adorer leurs gâteaux, de boire leur flat white, de me plaindre de leur friture, de les trouver vulgaires et classes à la fois, de boire du Gin dans les pubs, de ne pas être importunée par la météo sans savoir jamais comment m'habiller, de ne toujours pas savoir s'il faut répondre au how are you doing today au comptoir des Coffee shops... C'est une découverte sans fin, ce sentiment de familier tout en étant étrangère. 

Des choses que l'on retrouve avec plaisir sans qu'elles nous aient foncièrement manquées. Il suffit de reprendre le rythme. 
Les cafés ferment à 16h, à partir de 17h c'est le pub. On peut boire du café, manger des oeufs sous toutes formes et supports (Benedict, Avocat, Chili..), considérer que tea and scones constitue un repas jusqu'à 16h. Au delà, finis les desserts et les trucs sur le pouce, plus que de la friture, ou un truc bien roboratif au pub. 
Je n'ai pas encore trouvé ce qu'on boit et mange entre 16h et 17h. Ce n'est d'ailleurs plus un problème depuis que je n'ai plus charge d'enfants à l'heure du goûter.

N'empêche que j'y retourne. Irlande du Nord cette année. 
Promesses de pluie, de frais et de lieux perdus. 
Promesses tenues.
Pas un jour sans pluie. Pas un jour sans pull. Pas une seule distillerie. Des kilomètres pour un bon fromage ou une bakery.
Mais tout va bien.

Ces gens sont optimistes : ils ont des panneaux solaires sur les toits, du linge qui sèche dans le jardin, des maisons sur la plage, des grandes baies vitrées et pas de volets, le chauffage en aout, des cours de surf sur l'Atlantique Nord, des Surf Rescue qui montent la garde sous la pluie, des drapeaux pour se baigner entre, des plages pas trop bondées et des gens qui se baignent (un peu), des coffee@van sur tous les parkings même les plus reculés.

Les jours où le linge flotte au vent dans les jardins, les coffee@van sur la plage sont tous ouverts, il y en a même un qui propose fish and chips toute la journée. C'est un bien meilleur indicateur de la météo que l'iPhone de mon iMari. 
Au bout de quelques jours, j'ai appris qu'il pleut tous les matins, l'intensité et la taille des gouttes varient, les beaux jours (ie linge sur le fil dans le jardin) ça s'arrête vers midi (avant la fermeture des cafés), les autres ça se poursuit avec la même variabilité de taille et d'intensité, on peut se promener avec un coupe vent mais pas mettre son linge dehors.

On s'est rapidement calé sur les cafés, notre heure de lunch étant hautement compatible, ainsi que le menu. 
Parfois dans les lieux très reculés, le pub a été une solution de repli heureuse, tant qu'on évite le fish and chips. Au pub c'est déjeuner à la bière, option légère : un prawn open sandwich (une tartine avec des crevettes d'Atlantique : les petites roses) ou full option Irish Stew (la version irlandaise du boeuf bourguignon, le vin remplacé par la Guinness).

On a tout aussi rapidement fait fi de la météo. Même pas mal. 
Le temps de la la routine matinale nous mène vers l'heure où la pluie se calme, temps de trajet compris , quand on commence à marcher, ce n'est plus que du crachin (les bons jours). J'ai décidé d'être aussi optimiste qu'eux. 
Par excès d'optimisme, j'ai attrapé une insolation. Une journée à marcher le long de la mer, sans lunettes de soleil ni chapeau, le soir, les battements de mon coeur jouaient du tambour derrière mes paupières et l'arrière de mon crâne était une chambre aux échos. Les jours suivants, j'ai eu l'air d'une Américaine (une Australienne plutôt a précisé l'iMari, l'américaine version roots j'imagine) avec mes lunettes et ma casquette, queue de cheval la retenant contre le vent. 
Si la promesse des jours de pluie a un peu failli : nous avons eu des (deux) jours entiers sans pluie et avec du ciel bleu, celle du vent jamais. Le vent de la mer, celui la façade Atlantique Nord entre Ulster (Uk) et Irlande, du genre qui brouille la vue en ramenant les cheveux devant les yeux (d'où la queue de cheval, je ne sui pas retombée en enfance), les emmêle en les transformant en un sac de noeuds, assèche la peau et atténue le coup de soleil qui fera peler le nez le lendemain. 

Comme quoi, trop d'idées préconçues sur ce pays. 



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