Accéder au contenu principal

Poétique espionnage

Son dernier livre est sorti juste avant Noêl.. Ou plutôt leur dernier livre puisque derrière John Le Carré se cache le couple Cornwell. David Cornwell est décédé en décembre 2022, et Silverview est sorti un an après. Merci Jane.

Et c'est un bon, très bon John Le Carré. Les espions sans l'héroïsme, les espions et la vie normale, les espions en province, en fin de vie, avec des conjoints malades, des femmes seules et des libraires (je ne peux pas résister à une histoire d'espions où il y a des libraires impliqués).

C'est la vie dans une petite ville anglaise de bord de mer, avec des personnages tellement bien vivants que j'ai très envie d'y aller pour flâner dans la libraire, prendre un thé à l'étage des enfants et dejeuner au café au bout de la rue avant d'acheter une bricole quelconque au Antiques Shop.

C'est une histoire de secrets, comme souvent avec les espions. Des secrets où chacun en a un bout, personne n'a la version complète. Pas de vérité que des réalités, avec la bruine, le vent et l'odeur de la mer.

But Julian knew better than to ask. He was learning to see the entire Avon clan and its offshoots as being united not in the secret they shared but in the secret they kept from one another.

J'ai très envie de rencontrer Julian (le libraire), je suis un peu jalouse de Lily, et je me méfie de Teddy.

Il y a des passages d'une délicatesse toute anglaise, suggestifs à souhait.

Julian had forgotten that he had given Lily a key to the shop, and that a key to his flat was attached to it. He therefore took a moment to accept, when he switched on the light, that she was laying naked on his bed, that she was not a dream, and that she was holding her arms out to him like a drowning woman while the tears streamed down her cheeks.

C'est le seul auteur qui écrit des romans d'espionnage poétiques, ou alors ce sont des contes poétiques avec des espions. Les bad guys sont attachants, les good guys justes et personne ne gagne à la fin.

Tout en nuances, ni bien ni mal.

 La vraie vie quoi.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

A ton âge

Chana Orloff - Musée Zadkine En retour à mon "A ton âge, y en a qui sont déjà Premier Ministre !" On m'a répondu : je connais le sujet de philo au bac "peut-on être brillant avec des idées de m**?" Je me réjouis d'avoir un jeune premier ministre. Fait étonnant : les journaux étrangers dont le Times n'ont pas titré sur sa jeunesse, ils ont opté pour son côté diversité " Gabriel Attal appointed as first openly gay French PM". Je me réjouis qu'il soit jeune, qu'il soit gay, qu'il ait commencé au PS, qu'il soit différent (en tout cas sur le papier). Je me réjouis du changement qu'il représente. Plus précisément, je me réjouis du changement que j'ai l'impression qu'il représente, que j'aimerais qu'il soit, que j'espère qu'il incarne.  Beaucoup trop de conditionnel, d'attente, d'espérance... presque désespérée. Quand on sait qu'il a fait l'école Alsacienne, puis la fac d'Assas (il a ...

Passagères secondaires de nos vies

Gaspésie - 2023 Un nouveau sujet passionnant sur lequel je ne m'étais jamais penchée : les assurances automobiles. A mon grand désavantage en fait et qui au final se traduit par une dépense supplémentaire. Pas une grosse dépense, rien qui ne soit insurmontable, c'est plutôt le système, la façon dont il est conçu et dont on l'utilise. On pense que c'est logique c'est sans compter les biais genre,  dans le couple, dans le système assurantiel. Le premier est que c'est mon iMari qui s'y colle. L'homme, la voiture, l'assurance qui va avec. Je me coltine suffisamment de sujets plus ou moins pénibles et au long court (les vaccins des enfants, leur suivi médical et de bien être, les vacances : où quand comment...), pour que celui-ci atterrisse chez l'iMari. Il passe tellement de temps avec ses iDevices qu'il faut bien y trouver de la rentabilité à un moment. C'est l'iMari qui prend l'assurance automobile. La voiture est à son nom (d'a...

Scènes d'automne en semaine

Old Man of Stor  - Isle of Skye, un jour d'été Lundi, j'ai ramassé mon premier marron de la saison Brillant et dodu, il reposait aux côtés de sa coque éclatée Il était seul, pionnier, premier tombé. Je l'ai ramassé et rapporté, il demeure posé dans l'entrée. Brillant et dodu, il reflète la lumière de fin d'été  Le soleil qui décline, le frais qui revient, les couleurs qui s'enflamment La fin des congés, la reprise du rythme, le retour de la routine Brillant et dodu, il annonce les feux de cheminée, la laine des pulls Les soirées sous les couvertures, le miel dans le thé  Brillant et dodu, arrivé un peu tôt à mon goût Je m'obstine à percevoir le beau dans la saison qui s'ouvre. Mardi, je monte les escalators à Opera En me demandant ce que je fais là Marcher ici plutôt que le Cowal Way n'ont rien en commun. Je suis tentée de rebrousser chemin  Ce n'est que le chemin que j'aurais rebroussé. Pas le temps.  Alors au retour, j'ai marché mon che...