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Ici et maintenant

la France due de l'autoroute

Et si on arrêtait ? Si on arrêtait tout simplement de mettre en une des médias, dans tous les gros titres ou presque,  en ouverture des journaux radio, la dernière ânerie de Donald?
Ces derniers temps, tous les matins la une du Monde numérique c'est Trump. Le 1hebdo a consacré un numéro entier Trump de pire empire le jeu de mots est bon, les articles pertinents, ce n'est pas sujet, le sujet c'est qu'on parle encore de lui. Il est raconté en long et en large ce qu'il dit, ne dit pas, fait, ne fait pas, aurait du dire ou faire, avec toutes les analyses les plus subtiles, fines et intelligentes analysant son comportement, sa santé mentale, ses propos en lien avec le fascisme, les dictatures....
Quand est-ce qu'on passe à autre chose? Qu'on sort de la sidération? 
Il n'y a personne d'autre qu'on écoute autant, avec qui on négocie autant à qui on obéit autant.
Donald ne veut plus de l'Europe. Ok on se débouille entre nous. On se bouge un peu en essayant de ne pas s'engluer dans nos institutions européennes.
On démantèle l'OTAN ou on reconsidère l'institution : les États-Unis ne sont plus le protecteur qu'il était, à quoi nous sert alors l'OTAN? 
On arrête d'obéir à ses règles à la noix d'extra-territorialité  : il nous faut l'autorisation des US pour utiliser leurs produits ? On s'assoie dessus, comme il s'assoie sur la souveraineté du Venezuela, du Groenland, ou même de l'Ukraine quand il décide d'aller négocier directement la paix avec Poutine sans personne d'autre. 
Ce qui implique en parallèle de developper notre autonomie : sur les Swift bancaires, sur les plateformes de messagerie, sur les pièces (parfois juste des petites vis) impliqueés dans nos appareils militaires ...
Et on calme nos ultra-riches qui pleurent de vendre moins de champagnes et de spiritueux aux Etats-Unis. 
Pendant ce temps-là; on ne voit pas ce qu'on a sous le nez et qui passe quasiment inaperçu.

J'ai du être entendue. 
Le lendemain, Mark Carney (mon nouveau héros canadien) prenait la parole à Davos en ce sens. 
le pouvoir du système ne provient pas de sa vérité, mais de la volonté de chacun d'agir comme s'il était vrai. 
...
il est plus avantageux d'investir collectivement dans la résilience que de bâtir sa propre forteresse
Resultat, le Canada double son budget de Défense et s'associe à l'Europe (SAFE : security action for Europe), ca resemble à un embryon d'OTAN.

Et pendant ce temps là, ce qu'on n' a pas ou peu entendu.

L'accord avec le Mercosur, qui est incompréhensible. Sous couvert de libre échange pourquoi irait-on importer des fruits et légumes de si loin (je n'ose pas imaginer le coût du transport en avion ou en bateau) avec des pesticides qui sont interdits chez nous ? Je ne pense pas qu'en Europe nous manquions de fruits et légumes. Inutiles d'aller transformer des millions d'hectares des forêts amazoniennes pour nous exporter ensuite des pesticides. Tout ça pour des mangues ? des avocats ? J'adore des avocats, je peux tout à fait m'en passer ou me contenter de ceux qui viennent d'Espagne. 
Je n'ai pas compris qui a intérêt à ce que ces importations se fassent ? A part les Sud-Américains. Pourquoi l'Europe a été signé cet accord, en contre partie de quels autres produits nous allons les inonder? 
Chercher l'argent. A qui profite le crime comme dirait Agatha Christie. Sans creuser trop, un premier coup d'oeil des grands gagnants (France Info : les vins et spiritueux , l'industrie). 

Même chose pour la prise en charge de dermatose nodulaire contagieuse. En revanche là, il faut creuser un peu pour comprendre, et croiser plusieurs points de vue (dont Jancovici, et d'autres scientifiques comme Elise Bordet , une ingénieur Agronome qui décrypte plein de choses). La DNC comme son nom l'indique est contagieuse. Il faut donc abattre les bêtes contaminées. 
Ce qui embête les éleveurs c'est l'abattage total du troupeau, on peut le comprendre. 
Ils se heurtent au gouvernement et la FNSEA (quasi la même chose, l'indépendance du Ministère de l'Agriculture vis à vis de la FNSEA est très discutable) qui disent appliquer les consensus scientifiques de l'abattage du troupeau. 
Tous ces  acteurs jouent à "si", "non". Vous savez quand il y en a un qui dit :
- il faut abattre le troupeau (FNSEA)
- non (éléveurs)
- si (gouvernement)
- non (éleveurs)
endless loop.

Plusieurs choses à savoir : ce n'est pas une maladie mortelle pour les vaches (en tout cas rarement) c'est juste qu'elles perdent de la valeur marchande, c'est à dire leur production laitière baisse et leur cuir devient invendable. 
Autre fait interessant : il n'y a pas de consensus scientifique sur l'abattage total du troupeau. Contrairement aux propos du mec à la tête de la FNSEA et de ce qui est largement répété par le Ministère, y compris par des agents de ce même ministère : j'en ai rencontré deux qui ne se connaissent pas pendant l'épidémie et les deux me répétaient en boucle "les scientifiquse affirment que la seule solution est l'abattage total ". Ex
Ce que j'ai écouté calmement sans faire "si, "non" , car à ce moment la je n'avais pas d'avis, je ne savais à qui profite le crime. 
En revanche, il y a d'autres façons de gérer l'épidémie, des études scientifiques l'expliquent très bien, ce fut le cas au Japon (vous me direz c'est une ile) et aussi en Europe (Grèce et Bulgarie). 
Ils ont fait simplement : abattage des bêtes contaminées, vaccination du troupeau, arrêt des transports de bêtes, désinfection des lieux (et des camions).
Alors pourquoi pas chez nous?
En France, les bêtes sont majoritairement destinées à l'exportation (Italie, Canada...), surtout pour celles des grosses exploitations (celles qui sont à la FNSEA). 
Quand on arrête de déplacer , même temporairement des bêtes (dans un rayon de 20km) qui est gêné? Ceux qui veulent exporter. Pas les petits exploitants.
Quand il faut désinfecter tous les moyens de transports, qui est gêné? Les mêmes 
Même vaccinés les vaches peuvent être porteuses du virus. Les pays importateurs ne veulent aps prendre de risque. Il est donc quasiment impossible de vendre ses bêtes sur la même filière. Qui est gêné? Toujours les mêmes. 
Ce n'est donc pas uniquement la valeur marchande des bêtes contaminées qui baisse,  c'est celle du troupeau dans sa totalité,  quelque soit le nombre de bêtes contaminées.
Et donc c'est le troupeau qu'il faut abattre, il ne vaut plus rien. C'est le troupeau qui sera indemnisé et pas les 2 ou 3 bêtes malades de la DNC.
Pour un exploitation qui n'exporte pas ces bêtes, aucun besoin d'abattre le troupeau, juste les éléments contaminés. 
Chercher l'argent et on comprend la position de la FNSEA. Et on comprend la lutte sur ce terrain.
Le Ministère de l'agriculture est très mauvis en conseil scientifique mais on peut lui reconnaître se capacités de lobbying.

Petit aparté sur la FNSEA : le modèle agricole prôné est un modèle productiviste (monoculture, rentabilité), utra-subventionné et exportateur. C'est ce qu'il faut avoir en tête pour comprendre ses positions (pour la loi Duplomb, pour l'abattage des troupeaux, pour les méga bassines). Elle est la seule fédération agricole connue par l'Etat pour les négociations de branche agricoles et aux prud'hommes. ce qui veut dire que pour négocier ou pour se faire défendre c'est par eux qu'il faut passer. C'est un monopole.

Les affaires de Trump nous distraient de ce qui se passe chez nous : ce qui a va dans nos assiettes (je ne vous parle pas de Nestlé qui ne vend que de la merde (littéralement) : dans les bouteilles de Perrier et maintenant dans les laits infantiles), ce qui va dans nos près et dans nos environnements (l'eau du robinet non potable en France dans plusieurs régions, les cancers professionnels de plus en plus nombreux...)
arrêtons de regarder l'autre coté de l'Atlantique, des Municipales les mois prochain chez nous et des présidentielles l'année suivante. 
Ça se joue ici et maintenant.


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