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| Le bureau de Virginia Woolf |
Les prix littéraires sont tombés avant même que j'ai le temps de pester contre, comme toutes les autres années (2025, 2024). La belle brochette, la totale, pas une seule faute de goût. Le grand Chelem. Un strike.
Quel est le point commun des lauréats des prix littéraires ? Mmh, pas évident.
Le prix Médicis a choisi de retenir le seul homme parmi les 6 titres encore en lice dans la dernière sélection. Pas mal non ?
Le prix Médicis a choisi de retenir le seul homme parmi les 6 titres encore en lice dans la dernière sélection. Pas mal non ?
C'est tellement énorme que cette année, d'autres que moi et pas des moindres se fendent d'une remarque, (voire plusieurs), de posts sur Instagram (c'est mon seul réseau social) ou mieux d'un article.
Les féministes réagissent ; Judith Godreche, Fiona Schmidt, Lauren Bastide en particulier.
Médiapart se fend d'un article.
Libération d'une tribune de 200 écrivaines qui s'insurgent. Mesdames, il était temps. Mesdames, ce n'est pas assez virulent. Mesdames appelez au boycott, mobilisez votre lectorat.
Le Monde n'a (encore?) rien dit sur le sujet, le journal a recyclé la même idée que toutes les années d'avant : à savoir le profil type des lauréats du Goncourt :
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| ceci n'est pas un test ni de grossesse, ni de Covid, ni d'infection urinaire. |
Ceci est la fréquence des femmes lauréates du prix Goncourt. Les petits malins (du Monde) se sont crus originaux (ou out of the boxe, ou encore féministe) en inversant le code couleur : rose pour les hommes, bleu pour les femmes. C'est la plus value de la bandelette.
L'autre plus value est de mentionner la tribune des 200 de Libération. Le Monde : vous manquez d'analyse critique.
Je résume, les lauréats des prix littéraires de cette année
- des hommes
- blancs
- cisgenres
- identifié comme hétérosexuels
- l plupart de plus de 50 ans.
Je rappelle (sondage Ipsos 2025)
- 66% des personnes qui lisent sont des lectrices
- 71% des "gros" lecteurs (plus de 5 livres par an) sont des lectrices, qui lisent plus de 6 genre différents.
Je ne lirai pas plus que les autres années les prix littéraires, non pas par élitisme comme pourrait le dire mon iFille mais, encore une fois : par militantisme. Les prix littéraires donnent de la visibilité à des personnes qui n'en ont pas besoin. Il est préférable de soutenir des autrices, des personnes racisées, d'autres auteurs en soutien à leur travail qui plus est, de qualité, et qui nous raconte d'autres facettes du monde et de sa représentation.
Ces prix littéraires, en récompensant toujours les mêmes, ne parlent plus ni de qualité, ni de talents, ni de bonne plume (ils ont été fichus d'écarter Orélien) mais d'entre soi. Et alors, ce n'est plus qu'une opération de marketing, bien pensée juste avant les fêtes. Comment on se repartit la manne financière entre nous, les bons vieux mâles du vieux monde (dixit Mediapart).
Je rêve, je fantasme, que les 66% de lectrices arrêtent d'acheter, d'emprunter, de lire tout simplement ces messieurs et qu'elles découvrent des autrices, d'autres auteurs (même juste faire varier un seul critère de blanc, cisgenre, hétérosexuel et installé en âge : un très jeune par exemple). S'ouvrirait alors tout un monde, une facette un peu différente qui probablement ferait reconsidérer les relations hommes femmes, et toute les relations de dominations, celles qu'on ne voit pas tellement nous les avons introjectées puis qu'on ne lit que ça.
Il faudrait lancer un mouvement de boycott de ces prix (#boycottprixlittéraires), et ne s'intéresser qu'à celles et ceux - femmes ou personnes racisées nominées puis écartées :
- Clementine Melois choses quelle croyais perdues
- Anne Godard, Nous aussi
- Lilia Hassaine, Je
- Louise Chènevière, faire la peau
- Thélyson Orelien, c'était ça ou mourir
- Emma Marsantes, n'efface pas mes trace
- Sonnia Devlliers, le piano
- Ananda Devi : chronique d'un royaume perdu
- Véronique Ovaldé, Vivre sans bonheur et n'en point dépérir
- Polina Panassenko, À voix haute
- Lucie Rico, Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ?
- Marie Petitcuenot, Heures sauvages
- Camille Zabka, Les Agitées (La Tribu)
Imaginons une librairie qui n'ait sur sa table aucun des lauréats des prix littéraires, juste des nominés...
J'ai vu une libraire qui a mis en avant d'autres livres que les lauréats en affichant sur un bandeau "Goncourt du nom de la librairie" , "Médicis du nom de la librairie"...
Comme les Islandaises ont fait grève en 1975 pour protester contre les écarts de salaires, protestons contre ce sexisme.
Comme Gandhi quand il invoquait de ne plus rien acheter des Britanniques et à ne se fournir que de coton indien.
Regardons comment se comporte notre libraire préféré
Passons à côté des bandeaux officiels
Tapons dans la pile des sélectionnés
Même l'IA sera mieux que ça.
Au moins ce sera nouveau.



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