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| vision d'horreur |
Je suis toujours vivante.
J'ai survécu.
A la laideur.
A l'inconfort.
A la précarité énergique.
A l'insalubrité.
A l'inflation.
J’ai surtout l’impression de me transformer en servante de la tristesse. Je continue de chercher de la beauté la dedans.
Maggie Neslon – Bleuets
Ce train est hyper moche. Il ressemble à un bonbon sucré plein de colorants. Bleu layette moche et rose. Qui est responsable de la DA (comme dirait les iAdo) de ce train?
Qu'on le pende !
C'est de mauvais goût, criant, insultant pour les couleurs, fatigant pour les yeux. Ce n'est pas comme si j'étais sensible à la beauté des trains, toutefois à ce point c'est une agression esthétique.
Ce sont les mêmes trains que les TGV Inoui, il n'y a pas plus de sièges dans les wagons : 2 de chaque côté du couloir, et pourtant les sièges sont hyper étroits, pour laisser une large place entre deux fauteuils et n'y mettre qu'un seul accoudoir. Un disposition spéciale Covid ?
Des fauteuils hypers durs. Asssise sur une planche pendant 4h30, pas de repose pieds, pas moyen de s'avachir, ni de se mettre en tailleur. Des fauteuils sont d'une droiture exceptionnelle, rester digne, le dos droit tout le trajet (ma prof de yoga serait fière de moi).
"Ecotech" me dit l'iMari. Traduire : économie technique, son passé d'industriel le rattrape. Tout dans le OUIGO sent l'ecotech, sauf le rose et bleu des sièges.
Pas de prise électrique à la place. Elles sont payantes et réservées aux voitures du bas. J'aime bien être en haut, j'y vois mieux. Comme le Wifi : payant. Tout est payant même les bagages.
J'ai lu une grande partie du trajet avec de la musique dans les oreilles pour me réconforter de mon grand malheur ferroviaire. Heureusement l'iMari s'est doté d'un power bank, prévoyant, lui ne lit qu'en ligne. Si son téléphone n'a plus de batterie, c'est une crise intergalactique qui s'annonce, moi et mon drama avec le Ouigo c'est de la rigolade à côté.
Ne pas le priver d'accès internet. Jamais.
C'est arrivé cet hiver quand le chalet que j'avais loué n'avait pas de Wifi et le lieu ne captait que vaguement de la 3G (parfois même pas de signal). Il était très nettement en manque : il s'est mis au ménage, a préparé les repas des heures à l'avance, se levait et s'asseyait toutes les 5 minutes, débarrassait la table alors qu'on y était encore, proposait l'apéro à 16h, découpait des oignons au petit déjeuner... Au bout de quelques jours, il s'est mis à télécharger Le Monde pour le lire hors ligne, ainsi que ses podcasts interminables (4h d'un mec qui parle d'archéologie en anglais) et a même commencé à lire un livre (un livre! - qu'il n'a pas fini, puisque la semaine terminée il a retrouvé son accès internet).
Il veille maintenant à avoir toujours un téléphone chargé sur lequel il a ce qu'il faut de lectures en cas d'interruption à ses sites de news ou de podcasts étranges en anglais ou en allemand. Je profite donc de la recharge pour terminer mon horrible trajet avec une série espagnole d'aussi mauvais goût que ce OUIGO.
Heureusement je n'ai pas eu besoin d'aller aux toilettes. L'iMari a tenté, la plateforme empestait la pisse, à croire qu'il n'y avait pas de WC.
Les fauteuils n'étaient pas hyper propres non plus (sans sentir la pisse)- mais quelle idée ce bleu layette, la moindre tâche se voit, alors que sur le marronnasse des TGV Inoui la crasse se fond dans les nuances de bruns et de gris.
Je sais, je fais beaucoup de cirque sur ce trajet.
Je suis montée, me suis assise, ai plongé dans mon bouquin (Hamnet de Maggie O'Farell) puis ma série espagnole débile, ça a joué son rôle de bulle de protection, j'ai presque oublié que j'étais dans ce fichu OUIGO.
Tout ca pour un trajet qui a couté 5 euros de plus que mon aller en première classe.
Je ne comprends vraiment pas le concept du OUIGO. j'ai juste l'impression de me faire arnaquer. Ou de me faire rattraper par l'inflation en 3 jours.
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