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Reprendre depuis le début (#duplomb)

@Tours, un week-end de Pentecote

En flânant par hasard - si, si - devant l'Arbre à Lettres (je n'ose pas dire que c'est une librairie, le nom est suffisamment évocateur), j'y ai découvert une nouvelle collection : "dire non avec ..." et une personnalité : de Rosa Parks à Emile Zola en passant par plein de personnes que je ne connaissais pas qui luttent sur des sujets d'importance (les mariages forcés; la cause indienne...). Dans ceux qui étaient présentés presque autant de femmes que d'hommes. j'ai eu très envie de lire : Dire non avec Rachel Carson. 
Envie rapidement satisfaite (je suis une fan d'Oscar Wilde en ce qui concerne les tentations).
Le livre n'est pas un essai, mais un roman écrit pas une autrice qui raconte sous forme de journal la vie de Rachel Carson, le fil rouge de son engagement, comment elle est devenue celle qu'elle est.

Une amie m'avait parlée d'elle, étonnée que je n'ai pas lu le printemps silencieux
Je ne l'ai toujours pas lu, mais depuis j'en sais plus sur Rachel Carson et je sais ce qu'on lui doit.
Elle a gagné son premier prix littéraire à 10 ans, dans un concours de nouvelle pour enfants. Elle vient d'un milieu modeste agricole, elle a pourtant fait des études, de sciences après avoir hésité avec la littérature. 
A une époque où les femmes n'étaient censé ni étudier ni pratiquer les sciences, elle est devenue biologiste marin, elle qui a longtemps rêvé de la mer avant de la voir. A une époque où les femmes se mariaient et avaient des enfants, elle était en relation avec une femme, mariée elle, et elle a adopté son petit neveu, né hors mariage.
Elle est morte en 1964, d'un cancer lié à ce contre quoi elle lutte.
Le printemps silencieux est le livre dans lequel elle raconte et dénonce l'impact du DDT, largement utilisé aux USA et partout dans le monde à l'époque. Le DDT tue les mauvaises herbes, et tout le reste autour, y compris les oiseaux. Si les oiseaux meurent notre printemps est silencieux (mon jardin ne l'est pas).
Elle a mis deux ans à écrire ce livre, aussi pour qu'il soit scientifiquement irréprochable, avec des données qu'elle a mis des années à collecter.
Il a eu un succès incroyable, public et scientifique. JF Kenedy l'a repris dans un de ces grands discours 
Il faudra encore 10 ans pour interdire le DDT ensuite.
Le DDT est la partie émergée de l'iceberg, on dit que c'est la première lanceuse d'alerte, elle est aussi vue comme la pionnière à matière d'écologie, à avoir mis en lumière et en considération le rôle de la biodiversité. 
C'est avec elle que nous avons compris que l'humain était partie intégrante du monde dans lequel il vit, que la terre a des limites (la mer dans son cas).
J'ai enchaîné avec une série de podcast "avoir raison avec Rachel Carson", pour en avoir plus, pour comprendre plus. Boulimique. 

J'ai adoré l'épisode 4, avec Gelareh Yvard Djahansiouz (spécialiste de l'histoire des luttes environnementales aux Etats- Unis, elle est décidée depuis l'émission datant de 2022) qui parle d'écoféminisme. 
Oh le gros mot. Il s'agit simplement de renouveler les relations entre les hommes et les femmes , et entre les humains et leur environnement. 
Dès qu'on creuse un sujet de féminisme, de racisme, d'écologie peu importe l'endroit où on commence à creuser et à réfléchir on finit sur de l'écoféminisme. Convergence des luttes : fin de la domination que ce soit l'homme sur la femme, les uns sur les autres (race, classe..) des humains (Hommes comme on dirait en français) sur la nature. Tous égaux, avec les mêmes droits. c'est ça l'écofeminisme

Petit apparté qui n'a rien (pas grand chose) à voir 
En 1948, lors de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (on l'entend bien la majuscule non?), il y a eu un grand débat entre Francophones savoir si on écrivait droits de l'Homme ou droits humains (human Rights, en anglais). Les Québécois ont opté pour "droits de la personne humaine" et les Français pour droits l'Homme. On se rappelle qu'en 1789, lors de la Révolution Française, il n'était pas question d'accorder aux femmes les même droits qu'aux hommes. En 1789 on ne parlait que des droits des hommes, qu'on a transformé pour le plaisir de la majuscule en 1948. Lors des 70 ans de la déclaration, le débat s'est de nouveau invité, et.... n'a pas changé le titre. L'Etat s'en sort avec le Haut Conseil à l'Egalité qui "invite" à utiliser "droits humains, mais qui refuse tout changement du titre de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Nous sommes les seuls en Europe à dire droits de l'homme. 
Même chose avec Liberté, Egalité, Fraternité. En 1789, il s'agissait bien de fraternité (entre homme). Aujourd'hui il faudrait dire autre chose our y inclure tout le monde (altérité? solidarité?).

Dans cet épisode, Gelareh Yvard raconte les femmes avant Rachel Carson celles qui on beaucoup ouvre pour le respect de l'environnement : Susan Fenimore Cooper  -  écrivaine et défenseuse des oiseaux, Graceanne Lewis - lutte contre l'esclavage, l'alcool, suffragette , Rosalie Edge suffragette aussi dénonce les pesticides et le DDT le siècle précédent. 
Toutes ces femmes étaient pionnières au 19è siècle dans le mouvement de défense de l'environnement, elles sont tombées dans l'oubli, n'ont plus été publiées, et tout est à recommencer. 
Comme souvent (lire les Grandes Oubliées de Titiou Lecoq)

Aujourd'hui c'est Fleur Breteau, qui reprend ce rôle de dénoncer les pesticides -  ce qui a remplacé le DDT est bien plus complexe, car ils se croisent entre eux le concept d'intersectionalité dans les contaminations?) et s'ajoute à d'autres joyeusetés : les Pfas , les métaux lourds ...
Fleur n'est pas seule : Camille Etienne, Elise Bordet, Salomé Saqué ...et toutes celles que je ne connais pas, je suis une novice sur le sujet.
Elles ont probablement toutes lu le printemps silencieux, sans se dire pas forcement écofeministe elles en ont compris les principes.

Elles ont surtout compris que l'absence de preuve (scientifique) ne veut pas dire absence de risque, ce que rétorquent Politiques et Industriels sur ces sujets. 
Dans la logique absurde : on n'a pas démontré que c'est juste alors c'est faux : on n'a pas démontré qu'il y un lien entre pesticides et cancer, alors ça signifie il n'y en a pas. Ben non, ne pas démontrer qu'il ya un line, ne démontre pas qu'il n'y en a pas. Visiblement le Sénateur Duplomb n'en a pas assez dans sa cervelle pour comprendre ces nuances.
Il faudrait peut être lui rappeler qu'il a été démontré qu'une exposition à des pesticides augmente le risque de cancer, et que mécaniquement et statiquement plus de pesticides implique pas de cancer (et moins d'oiseux pour revenir au printemps)
Comme pour d'autres sujets, l'inversion de la preuve serait un changement radical : il est possible de commercialiser un produit s'il est démontré qu'il n'y a aucun risque sur le long terme. On en est loin.

En finissant le (court) livre Dire Non avec Rachel Carson, je me suis rendu compte que c'était un livre pour la jeunesse. 
J'ai alors eu très envie de l'envoyer au sénateur Laurent Duplomb - agriculteur en Haute Loire (dixit wikipedia). Ce monsieur a besoin de tout reprendre depuis le début, un peu de vulgarisation comme aux enfants, alors peut-être alors comprendra-t-il qu'il se tue lui même?
Et que la loi de simplification de l'agriculture (moi omnibus) n'est qu'un génocide annoncé.

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