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Un espace plus vaste (#Tad Madesta)

 

Sophie Blanc, expo à Chaumont

Le feminisme défend en son coeur que femme et homme sont des constrcutions socioculturelles et non des destinées biologiques. Cette bicatégorisation permet de justifier l'exploitation économqiue de la première par le second. Le féminisme dit qu'être femme ou homme n'est pas conditionné par les organes que l'on a entre les jambes ou nos chromosomes, mais par notre position dans la société . Jusqu'à preuve du contraire on ne demande pas à nos interlocuteur·ices de baisser leur pantalon ou de faire un test ADN avant de déterminer si nous avons les traiter comme des hommes ou hommes des femmes . Ce n'est pas conditionné non plus par la capacité à enfanter, les femmes stériles ne vivant pas moins de sexisme que les autres, et les hommes trans techniquement fertiles pouvant attester que leurs homologues ces leur foutent la paix après quelques années d'hormones. Ce n'est enfin pas conditionné par le taux d'hormones dans le sang puisqu'un nombre considérable de femmes présentant un taux de testostérone élevé continué d'^tre victimes des hommes (...) Si on commence à vouloir établir une définition de la féminitude sur la base de critères biologiques, on en arrive nécessairement à exclure de son cadre un nombre incalculable de femmes cis. 

Si la définition de femme ou homme renvoie à une position sociale, alors elle tient à la manière dont nous sommes perçu·es par le reste du monde, et non pas à la forme de nos organes, réelle ou supposée. 

La fin des monstres  - Tad Madesta

Tad Madesta est un jeune homme trans. Ce court récit parle de la trajectoire trans, pas tant de la transition ni du pourquoi, mais de ce que veut dire transitionner dans notre société d'aujourd'hui.

Je me rends compte que parfois il nous manque du vocabulaire, notre monde est très binaire : masculin ou féminin, principalement même s'il existe de plus en plus les catégories non binaire et fluide, encore peu usité et qui devrait j'espère permettre à tous et toutes de s'y retrouver.

 Une discussion avec mes iAdos sur le sujet l'a pointé fortement, de même que les besoins de catégoriser : "mais si c'est une homme trans et qu'il est avec une femme c'est un hétéro?" ; "et s'il est avec une femme trans, aussi?". Et finalement en quoi le genre de la personne avec qui il a des relations amoureuses et sexuelles est si important qu'il a besoin d'être qualifié?

Je ne sais pas répondre à tout ça, nous manquons de mots pour y mettre des étiquettes. La question importante il me semble est plutôt "pourquoi avons-nous besoin de mettre des étiquettes?".

Tad en parle dans le chapitre Aimer, il est en couple avec une femme transgenre : ces deux personnes ont fait une transition, un voyage similaire, pas dans le même sens. Je ne sais pas s'il y en a un plus facile que l'autre, mais les deux ont conscience du monde d'où vient l'autre. 

Parfois j'envisage ce futur certain dans lequel Farrah et moi serons dans l'espace public un couple hétérosexuel comme les autres. On en parle de temps en temps et ça nous fait rire tellement cette perspective nous parait lointaine. Cette dernière année nous avons senti de toutes les manières possibles à quel, point notre simple existence est insupportable pour beaucoup. cela varie d'un regard à l'autre, comme si l'on naviguait dans un espace liminal entre le couple gay, le copie lesbien, ou le partenariat étrange de deux phénomènes non identifiés.

Je suis effarée des étapes demandées aux personnes trans pour changer leur assignation de genre : du diagnostic de dysphorie de genre à la preuve que l'on vit "comme dans le genre que l'on souhaite", ou encore des photos des organes génitaux. Ce qui encore fois ramène à la norme de ce que la société entend comme homme ou femme, avec tous les stéréotypes que ca comporte, et les étiquettes autant biologiques que sociétales. Sortir du cadre, mais rentrer dans la bonne case.

Il y a du courage dans ces démarches, celui de celles et ceux qui ouvrent des voies, sortent des frontières définies, établissent un "new normal". Ils vivent dans un monde décloisonné, qui me semble plus vaste que  le mien avec mes étiquettes et mes catégories que par réflexe je tente de mettre partout.

Plus vaste, et plus douloureux aussi. Que pouvons-nous, que devons nous faire pour qu'il le soit moins ?





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